Quand un utilisateur Windows tape « gestionnaire de tâches Mac », il cherche souvent l’équivalent de Ctrl+Alt+Suppr, pas une application de to-do. macOS embarque le Moniteur d’activité pour surveiller les processus, et une poignée d’applications tierces pour organiser ses projets. Ces deux univers partagent le même mot-clé, mais leurs fonctions n’ont rien en commun. Voici ce qui change en 2026 sur les deux fronts, et les limites que les guides habituels passent sous silence.
TMOG : le premier vrai gestionnaire de processus façon Windows sur macOS
Depuis août 2026, Dave Plummer, l’un des développeurs historiques du Gestionnaire des tâches de Windows, a publié Task Manager OG (TMOG), une application gratuite en bêta qui cible macOS 13 et supérieur. L’outil reprend la logique du Task Manager Windows avec des onglets séparés : Summary, Performance, Processes, System Info, Startup apps, Users et Services.
TMOG affiche les métriques système avec un rafraîchissement pouvant atteindre 60 fps et distingue les cœurs performance des cœurs efficience sur Apple Silicon. L’application est universelle (Intel et Apple Silicon) et signée puis notariée par Apple, ce qui évite les alertes de sécurité Gatekeeper.

Le Moniteur d’activité natif reste fonctionnel, mais son interface n’a pas évolué de façon significative depuis des années. Plusieurs médias techniques japonais et européens (PC Watch, MyNavi, Blogspan) qualifient TMOG de première alternative sérieuse au Moniteur d’activité avec une profondeur de données comparable à l’outil Windows.
Moniteur d’activité contre TMOG : ce que l’un fait et l’autre non
| Critère | Moniteur d’activité (natif) | TMOG (bêta 2026) |
|---|---|---|
| Onglets dédiés (Startup, Services, Users) | Non | Oui |
| Distinction cœurs performance / efficience | Partielle (vue agrégée) | Affichage séparé |
| Rafraîchissement des métriques | Intervalle fixe (1 à 5 s) | Jusqu’à 60 fps |
| Compatibilité | Toute version macOS | macOS 13+ |
| Fin de processus depuis l’App Store | Oui (natif, hors Store) | Non (restriction sandbox App Store) |
| Prix | Gratuit (inclus) | Gratuit (bêta) |
La limite principale de TMOG réside dans la sandbox de l’App Store : l’application ne peut pas forcer la fermeture d’un processus si elle est installée depuis le Mac App Store. Pour cette fonction, il faut la version téléchargée directement depuis le site du développeur ou continuer à utiliser le Moniteur d’activité.
Things 3 sur macOS Tahoe : répétitions avancées et intégration système
Côté gestion de tâches au sens productivité, Things 3 reste l’application la plus citée dans l’écosystème Apple. La mise à jour 3.23, disponible depuis août 2026, apporte une refonte des tâches répétitives avec des règles de récurrence plus fines. Un utilisateur peut désormais définir des répétitions conditionnelles (par exemple, « chaque premier lundi du mois ») sans devoir créer plusieurs tâches séparées.
L’application est aussi optimisée pour macOS 26 « Tahoe » avec une intégration au Centre de notifications. Le modèle économique reste un achat unique à 49,99 € sur Mac, sans abonnement, ce qui la distingue de la majorité des concurrents passés au SaaS.
Ce que Things 3 ne fait toujours pas
Malgré ces ajouts, Things 3 conserve des angles morts qui peuvent bloquer certains profils d’utilisateurs :
- Pas de collaboration : chaque compte est strictement personnel, impossible de partager un projet ou d’assigner une tâche à un collègue
- Pas de vue Gantt ni de suivi de charge : l’application vise la productivité individuelle, pas la gestion de projet d’équipe
- Pas de version Android ou Windows : l’application reste verrouillée dans l’écosystème Apple (Mac, iPhone, iPad, Apple Watch)

Applications de gestion de tâches Mac : limites communes en 2026
Au-delà de Things 3, des outils comme Todoist, TickTick ou Rappels d’Apple couvrent des besoins proches. La vraie question n’est pas de savoir lequel est « le meilleur », mais de comprendre les contraintes partagées par la plupart de ces applications sur macOS.
La première limite concerne la synchronisation inter-plateformes. Les applications natives Apple (Rappels, Notes) synchronisent via iCloud, ce qui fonctionne dans l’écosystème Apple mais complique la vie des utilisateurs qui travaillent aussi sous Windows ou Linux. En revanche, Todoist et TickTick proposent des clients pour toutes les plateformes, au prix d’un abonnement annuel.
La seconde limite touche l’intégration avec les outils professionnels. Notion, par exemple, permet de gérer des tâches au sein de bases de données relationnelles, mais son application Mac native reste plus lente qu’une application dédiée comme Things 3. Chaque outil sacrifie un axe au profit d’un autre : simplicité contre puissance, écosystème fermé contre compatibilité large, achat unique contre abonnement.
Trois critères pour choisir sans se tromper
- Écosystème matériel : si tous les appareils sont Apple, Rappels ou Things 3 suffisent. Dès qu’un appareil Android ou Windows entre dans la boucle, privilégier Todoist ou TickTick
- Travail solo ou en équipe : Things 3 et Rappels sont conçus pour un usage individuel. Pour de la collaboration, Monday.com ou Wrike offrent des diagrammes de Gantt et de l’assignation de tâches
- Budget : Rappels est gratuit et intégré à macOS. Things 3 se paie une fois. Todoist et la plupart des outils collaboratifs facturent un abonnement mensuel ou annuel
Le marché des gestionnaires de tâches sur Mac en 2026 se segmente plus nettement qu’avant entre outils système (Moniteur d’activité, TMOG), applications personnelles (Things 3, Rappels) et plateformes d’équipe (Notion, Monday.com). Le choix dépend moins des fonctions que du contexte d’usage : un freelance n’a pas les mêmes contraintes qu’une équipe de dix personnes, et un ancien utilisateur Windows n’a pas les mêmes réflexes qu’un habitué de macOS.


